Concepts

Génogramme et génosociogramme : définition, différences et utilité en séance

Le génogramme donne une forme visible à votre famille ; le génosociogramme y ajoute les liens affectifs, les silences et les secrets. Définitions, exemples et utilisation en séance.

Portrait de Mélissa Tellaa Mélissa Tellaa 4 min de lecture
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Quand on entame un travail en psychogénéalogie ou en analyse transgénérationnelle, on commence presque toujours par le même outil : le génogramme. C’est un peu un arbre généalogique, mais vivant.

Il ne s’agit pas seulement de dates ou de noms : il s’agit de donner une forme visible à votre famille, telle que vous la connaissez, la ressentez ou la portez en vous, sans avoir besoin de recherches d’archives ni de documents officiels.

En résumé

Le génogramme représente votre famille sur un schéma, avec des symboles simples et des faits : naissances, unions, décès, métiers.

Le génosociogramme va plus loin : il y ajoute les liens affectifs, les conflits, les silences et les secrets.

En séance, on le construit ensemble sur au moins quatre générations, même avec très peu d’informations.

Qu’est-ce qu’un génogramme ?

Un génogramme est un schéma sur lequel vous positionnez les membres de votre famille : parents, grands-parents, frères et sœurs, enfants. À l’aide de symboles simples (un carré pour un homme, un rond pour une femme, des traits pour les liens de filiation ou d’union), on construit une carte claire de votre système familial.

On y ajoute des éléments factuels : dates de naissance et de décès, mariages, séparations, enfants perdus, professions. Ces informations permettent de recontextualiser les parcours de vie et de faire émerger certains motifs récurrents.

Génogramme en forme d’arbre, avec une case pour chaque membre de la famille, posé sur un bureau

Par exemple, un génogramme peut révéler que trois femmes de la même lignée se sont retrouvées veuves très jeunes, ou que les hommes de la famille ont tous changé de métier autour de 40 ans. Prises isolément, ces informations semblent anecdotiques. Mises côte à côte sur un même schéma, elles deviennent des pistes de travail.

Au-delà des faits, le génogramme commence déjà à révéler des dynamiques invisibles : des répétitions de schémas, des silences, des ruptures, des absents dans le récit familial. Il donne une structure visuelle à ce que vous avez vécu, à ce que vous savez, et parfois à ce que vous ne savez pas encore.

Qu’est-ce qu’un génosociogramme, et en quoi diffère-t-il du génogramme ?

Le génosociogramme reprend le même principe que le génogramme, mais va un cran plus loin. On y ajoute les liens affectifs, émotionnels, sociaux et symboliques entre les membres de la famille. Qui était en conflit avec qui ? Quelles relations étaient très fusionnelles ? Où se trouvaient les silences, les rejets, les non-dits ?

C’est à ce moment-là que votre arbre commence vraiment à parler. Il fait apparaître les loyautés invisibles, les zones de tension, les répétitions d’une génération à l’autre. On peut aussi y inscrire des éléments plus subtils :

  • des secrets de famille
  • des « trous » dans la mémoire familiale, une génération dont on ne sait presque rien
  • des événements tabous, jamais évoqués ouvertement
  • des prénoms qui reviennent étrangement d’une génération à l’autre

Un exemple concret

Vous avez du mal à vous investir pleinement dans une relation amoureuse, sans en comprendre la raison. En construisant votre génosociogramme, vous découvrez que votre arrière-grand-mère a perdu son mari très jeune et ne s’est jamais remariée, par loyauté envers sa mémoire. Ce deuil, jamais vraiment traversé, peut avoir laissé une empreinte discrète sur les générations suivantes, sous la forme d’une méfiance envers l’engagement.

Ce n’est ni une fatalité, ni une vérité absolue : c’est une hypothèse de travail, que nous explorons ensemble.

Pourquoi utiliser ces outils en séance ?

Le génogramme et le génosociogramme permettent de visualiser ce que vous portez sans toujours le savoir. En voyant votre histoire familiale sous forme de carte, vous pouvez commencer à repérer ce qui ne vous appartient pas en propre, ce que vous reproduisez peut-être sans en avoir conscience, ou les blessures anciennes que vous continuez de porter.

L’objectif n’est jamais de juger le passé ni les personnes de votre famille. Il s’agit plutôt de comprendre comment certaines dynamiques se transmettent de génération en génération, parfois en silence, parfois avec douleur, et d’ouvrir la voie à une transformation.

En repérant les liens, les schémas et les zones d’ombre, vous pouvez choisir plus consciemment ce que vous souhaitez garder, et ce dont vous souhaitez vous libérer.

Comment se construit votre génosociogramme en séance ?

Le génogramme et le génosociogramme ne sont pas des exercices figés : ils évoluent au fil des séances, de vos souvenirs et de vos prises de conscience. Nous le construisons ensemble, généralement sur au moins quatre générations, à partir de ce que vous savez et de ce que vous ressentez, sans obligation d’avoir des informations exhaustives sur votre famille.

Les zones floues ou les silences sont eux-mêmes des informations, souvent aussi parlantes que les faits établis.

Comment construire son génosociogramme, étape par étape

Des outils simples, mais profonds

Le génogramme et le génosociogramme restent avant tout des outils au service de votre travail sur vous-même : simples dans leur construction, profonds dans ce qu’ils permettent de mettre en lumière. Ils vous aident à remettre du sens sur votre histoire, pour mieux avancer dans la vôtre.

Et si vous commenciez votre arbre ?

Lors d’un premier échange, nous voyons ensemble ce qui vous amène et si le travail sur votre génosociogramme peut vous aider.

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