Concepts

Dangers de la psychogénéalogie : les dérives à connaître et comment s’en protéger

Pratique non réglementée, faux souvenirs induits, liens de cause non prouvés : les vraies dérives de la psychogénéalogie, les signaux d’alerte, et les questions à poser avant de choisir un accompagnement.

Portrait de Mélissa Tellaa Mélissa Tellaa 5 min de lecture
Nous ajouter comme source préférée

La psychogénéalogie est devenue populaire, notamment grâce au livre d’Anne Ancelin Schützenberger, Aïe, mes aïeux !. Explorer son histoire familiale peut être éclairant. Mais cette approche n’est pas réglementée, n’a pas de validation scientifique, et elle fait régulièrement l’objet de mises en garde.

Parce que je la pratique, il me semble important d’en parler clairement : quels sont les dangers de la psychogénéalogie, comment reconnaître une dérive, et comment choisir un accompagnement sérieux ?

En résumé

La psychogénéalogie n’est ni une science ni une profession réglementée. La Miviludes a déjà alerté sur certaines dérives, notamment les faux souvenirs induits.

Les principaux risques : les interprétations abusives, la culpabilisation, l’abandon de soins, les ruptures familiales et l’emprise.

Un accompagnement sérieux ne promet rien, ne pose aucun diagnostic, respecte les soins médicaux et vous laisse libre à chaque étape.

Une pratique non réglementée et discutée

Les titres de psychologue et de psychothérapeute sont protégés en France. Ce n’est pas le cas de « psychogénéalogiste » ou de « thérapeute transgénérationnel » : n’importe qui peut les utiliser, avec ou sans formation.

La psychogénéalogie repose sur des observations cliniques et des notions issues de la psychanalyse et de la thérapie familiale, mais ses hypothèses n’ont pas été validées scientifiquement. Certains scientifiques et associations la critiquent pour cette raison. Ces critiques sont légitimes : elles rappellent que la psychogénéalogie est un outil de réflexion, pas une explication certaine de ce que nous vivons.

Psychogénéalogie et sciences : ce que disent les recherches

Les principaux dangers de la psychogénéalogie

Les interprétations abusives

« Votre grand-père est mort à 40 ans, vous risquez donc de mourir au même âge » : ce type de raccourci peut créer une angoisse durable. Les coïncidences de dates, de prénoms ou de situations sont des pistes à explorer avec prudence, jamais des prédictions. À force de chercher des liens, on finit toujours par en trouver.

Le syndrome d’anniversaire : ce qu’il dit, et ce qu’il ne dit pas

Les faux souvenirs induits

Dès 2007, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a alerté sur des accompagnements, notamment en psychogénéalogie, conduisant des personnes à « retrouver » des souvenirs d’abus qui n’avaient pas eu lieu. Ces faux souvenirs peuvent entraîner des accusations injustes et des ruptures familiales dramatiques. Un praticien ne doit jamais suggérer qu’un secret, un inceste ou une violence « expliquerait » vos difficultés.

La culpabilisation et les liens de cause non prouvés

Certaines approches affirment qu’une maladie, une infertilité ou un cancer auraient une origine dans l’histoire familiale ou dans un conflit non résolu. Ces affirmations, que l’on retrouve notamment dans le « décodage biologique », ne reposent sur aucune preuve. Elles peuvent faire croire aux personnes malades qu’elles sont responsables de leur maladie.

L’abandon ou le retard des soins

C’est le danger le plus grave. Aucune approche transgénérationnelle ne soigne une maladie, une dépression, un trouble anxieux ou une addiction. Un praticien qui vous déconseille un traitement, une consultation médicale ou un suivi psychologique vous met en danger.

Les ruptures familiales

Explorer son histoire peut réveiller de la colère envers ses proches. Un accompagnement sérieux aide à comprendre, pas à désigner des coupables. Méfiez-vous de toute incitation à couper les liens avec votre famille.

L’emprise et la dépendance

Dans son rapport publié en 2025, la Miviludes indique que les dérives dans le domaine de la santé et du bien-être représentaient 37 % des signalements reçus entre 2022 et 2024. Séances qui se multiplient sans objectif, stages de plus en plus coûteux, isolement, discours selon lequel il vous reviendrait de « libérer » votre lignée : ce sont des signaux d’alerte.

Les signaux qui doivent vous alerter

  • une promesse de guérison, de « libération » ou de résultat rapide ;
  • un « diagnostic » posé sur vous ou sur vos proches ;
  • le conseil d’arrêter un traitement ou de ne pas consulter un médecin ;
  • la suggestion qu’un abus ou un secret « expliquerait » vos difficultés ;
  • l’incitation à rompre avec votre famille ;
  • des tarifs flous, des engagements longs ou des stages présentés comme indispensables.

Faire ce travail seul : quelles précautions ?

Construire son arbre, interroger ses proches ou lire sur la psychogénéalogie n’a rien de dangereux en soi. Il est toutefois préférable d’être accompagné si vous traversez une période fragile, si vous découvrez un événement grave (violence, suicide, filiation cachée) ou si vos recherches tournent à l’obsession. Et gardez en tête qu’une hypothèse séduisante n’est pas une vérité.

Comment choisir un accompagnement sérieux ?

Quelques questions à poser avant de vous engager :

  • Quelle est votre formation ? Où, combien d’heures, avec quelle validation ?
  • Quel est votre cadre ? Durée et prix des séances, rythme, confidentialité, possibilité d’arrêter à tout moment.
  • Quelles sont les limites de votre approche ? Un praticien sérieux sait dire ce qu’il ne fait pas.
  • Êtes-vous supervisé ? La supervision consiste à faire régulièrement le point sur sa pratique avec un professionnel expérimenté. Elle aide le praticien à prendre du recul sur ce qui se joue en séance.
  • Comment travaillez-vous avec les soins médicaux ? La réponse doit être claire : en complément, jamais à la place.

Pour ma part, je détaille ma formation et mon cadre de travail sur ce site, et ma pratique est supervisée. Les séances durent une heure, en visio, sans engagement de durée. Je ne pose aucun diagnostic, et cet accompagnement ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.

Comment choisir votre thérapeute transgénérationnel

Que faire si vous pensez être face à une dérive ?

  • Parlez-en à un proche de confiance ou à votre médecin.
  • Vous pouvez signaler une situation à la Miviludes.
  • Si vous traversez une grande détresse, le 3114 est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7.

Poser vos questions avant de vous engager

L’appel découverte, offert et par téléphone, est aussi fait pour cela : vous pouvez m’interroger sur ma formation, mon cadre et les limites de mon approche, sans aucun engagement.

Avatar de Mélissa Tellaa

À lire ensuite

Tous les articles

Newsletter

Recevoir les nouveaux articles par email

Un email par mois environ, sur la psychogénéalogie et les schémas familiaux. Désinscription en un clic.