Concepts

Schéma répétitif transgénérationnel : le reconnaître et en sortir

Quand une situation semble se rejouer d’une génération à l’autre : distinguer répétition et coïncidence, comprendre comment ces schémas se transmettent, et ce qui aide à faire d’autres choix.

Portrait de Mélissa Tellaa Mélissa Tellaa 5 min de lecture
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Des ruptures qui arrivent toujours au même moment, des difficultés d’argent qui reviennent de génération en génération, des relations qui se terminent de la même façon que celles de vos parents : lorsque des situations semblent se répéter dans une famille, on parle souvent de schéma répétitif transgénérationnel.

Toutes les ressemblances ne sont pas des répétitions, et toutes les répétitions ne viennent pas des ancêtres. Mais quand un scénario se rejoue et fait souffrir, le comprendre peut aider à reprendre la main. Voici comment le reconnaître, et ce qui peut aider à en sortir.

En résumé

Un schéma répétitif transgénérationnel désigne une situation qui semble se reproduire d’une génération à l’autre dans une famille.

Il se transmet surtout par les modèles, les croyances, les loyautés et les silences familiaux, et non par les gènes.

Le repérer, le replacer dans son histoire et comprendre ce qu’il protège permet souvent de faire d’autres choix.

Qu’est-ce qu’un schéma répétitif transgénérationnel ?

C’est une configuration de vie qui revient dans plusieurs générations d’une même famille : un type de relation, un parcours professionnel, une manière de réagir à l’épreuve, un événement qui survient à un âge similaire. Quelques exemples souvent rencontrés :

  • des femmes qui élèvent seules leurs enfants, de mère en fille ;
  • des histoires de couple qui se terminent de la même façon ;
  • une peur de manquer d’argent transmise malgré une situation stable ;
  • des ruptures familiales ou des brouilles entre frères et sœurs à chaque génération ;
  • la difficulté à dépasser la réussite professionnelle de ses parents.

Répétition ou coïncidence ?

Notre esprit est très doué pour repérer des ressemblances, et il retient plus facilement ce qui se répète que ce qui diffère. Or beaucoup d’événements de vie sont fréquents : séparations, difficultés financières, maladies. Retrouver la même situation chez deux générations ne suffit donc pas à parler de schéma transgénérationnel.

Une répétition mérite d’être explorée lorsqu’elle réunit plusieurs éléments : elle revient de façon marquée, elle semble avoir un sens dans l’histoire familiale, et elle vous fait souffrir ou vous empêche de faire les choix que vous souhaitez.

Comment ces schémas se transmettent-ils ?

Les modèles appris

Les enfants apprennent en observant. La manière dont les parents gèrent les conflits, l’argent, la colère ou les séparations devient une référence, reproduite ou rejetée, souvent sans y penser.

Les croyances et les phrases familiales

« Dans cette famille, les hommes finissent toujours par partir », « l’argent ne dure jamais » : répétées, ces phrases orientent les attentes et parfois les choix de ceux qui les ont entendues.

Les loyautés invisibles

Le psychiatre Ivan Böszörményi-Nagy a décrit ces fidélités inconscientes qui peuvent conduire à reproduire le parcours d’un parent, ou à s’interdire de le dépasser. Le sociologue Vincent de Gaulejac a, lui, montré combien le changement de milieu social peut s’accompagner d’un sentiment de trahison envers les siens.

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Les secrets et les deuils non faits

Un événement tu ou une perte jamais élaborée peuvent laisser un malaise dans la famille, et certaines situations semblent parfois rejouer ce qui n’a pas pu être dit. Anne Ancelin Schützenberger a notamment attiré l’attention sur les coïncidences de dates et d’âges.

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Et l’épigénétique ?

Des recherches, surtout menées chez l’animal, suggèrent qu’un stress intense pourrait influencer la biologie des générations suivantes. Chez l’être humain, les résultats restent limités et discutés. Ils ne montrent pas que des comportements, des choix de vie ou des scénarios familiaux se transmettraient par les gènes.

Comment reconnaître un schéma répétitif dans sa vie ?

Quelques questions peuvent vous aider à y voir plus clair :

  • Quelle situation se reproduit dans ma vie, malgré mon envie de faire autrement ?
  • Est-ce que je la retrouve chez mes parents, mes grands-parents, mes oncles et tantes ?
  • À quel âge, dans quel contexte est-elle apparue chez chacun ?
  • Qu’est-ce que l’on disait, ou taisait, à ce sujet dans ma famille ?
  • Qu’est-ce que je risquerais, ou trahirais, si je faisais autrement ?

Le génosociogramme est l’outil le plus utile pour cet exercice : il permet de noter, génération par génération, les événements, les âges et les contextes, et de faire apparaître ce qui se répète vraiment.

Comment sortir d’un schéma répétitif ?

Comprendre ce que la répétition protège

Un schéma a souvent eu une fonction : rester fidèle à un parent, éviter une peur, ne pas trahir son milieu. Comprendre cette fonction permet de la reconnaître sans la subir.

Replacer l’histoire dans son contexte

Ce qui avait un sens pour vos grands-parents, pendant une guerre, un exil ou une période de misère, n’en a pas forcément pour vous aujourd’hui. Le reconnaître ouvre la possibilité de faire autrement, sans renier votre histoire.

Expérimenter d’autres choix, à votre rythme

La compréhension ne suffit pas toujours : il faut ensuite oser agir différemment, parfois par petites étapes. Selon les situations, d’autres approches peuvent être utiles en complément, par exemple une psychothérapie ou une thérapie des schémas, qui travaille aussi sur les modes de fonctionnement répétitifs.

Un exemple pour comprendre

Une femme remarque qu’elle quitte ses compagnons dès qu’ils parlent d’avoir un enfant. En construisant son génosociogramme, elle voit que sa mère et sa grand-mère ont toutes deux été abandonnées par le père de leur premier enfant, une histoire dont on parlait à demi-mot. Comprendre cette peur héritée ne la fait pas disparaître, mais lui permet de la distinguer de sa propre relation, et d’en parler avec son compagnon.

Les exemples présentés dans cet article sont des situations types, reconstituées pour illustrer le propos, dans le respect de la confidentialité de mon accompagnement.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Méfiez-vous des approches qui promettent de « briser » définitivement un schéma en quelques séances, d’en « nettoyer » la trace dans votre arbre, ou qui voient dans chaque difficulté la preuve d’une répétition ancestrale. L’histoire familiale éclaire une partie de ce que nous vivons, pas tout.

Nettoyage transgénérationnel : ce qu’il recouvre vraiment

Les séances de psychogénéalogie durent une heure, en visio, toutes les trois à quatre semaines. Elles ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique, et je ne pose aucun diagnostic.

Comprendre ce qui se rejoue

Si une situation se répète dans votre vie et dans votre famille, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si cet accompagnement vous correspond.

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