Histoires familiales

Vincent Van Gogh, l’enfant de remplacement : une naissance marquée par un deuil

Né un an jour pour jour après un frère mort-né qui portait son prénom, Vincent Van Gogh illustre la notion d’enfant de remplacement. Ce qu’elle recouvre, et pourquoi il faut se garder d’expliquer une vie par une seule histoire.

Portrait de Mélissa Tellaa Mélissa Tellaa 3 min de lecture
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Vincent Van Gogh est né le 30 mars 1853, un an jour pour jour après la naissance d’un premier fils, mort-né, que ses parents avaient appelé Vincent. Il a reçu le même prénom. Son histoire est souvent citée pour illustrer une notion de l’analyse transgénérationnelle : l’enfant de remplacement.

Cet article s’appuie sur des faits biographiques connus. Il propose une lecture d’un thème familial, et non une analyse du peintre.

En résumé

Un enfant de remplacement est un enfant conçu ou né peu après la mort d’un autre enfant, parfois porteur de son prénom et des espoirs qui lui étaient destinés.

Le cas de Van Gogh est célèbre, mais rien ne permet d’expliquer sa vie ou son œuvre par cette seule histoire.

La psychogénéalogie aide à reconnaître la place de l’enfant disparu, pour que chacun puisse occuper la sienne.

Une naissance marquée par un deuil

Le pasteur Theodorus van Gogh et Anna Cornelia Carbentus perdent leur premier enfant à la naissance, le 30 mars 1852. Un an plus tard, le même jour, naît un second fils, à qui ils donnent le même prénom : Vincent Willem. Enfant, le futur peintre passait devant la tombe de ce frère, qui portait son nom, en se rendant à l’église de son père.

À l’époque, donner à un enfant le prénom d’un aîné disparu était une pratique courante. Elle n’en pose pas moins une question que la psychogénéalogie prend au sérieux : quelle place reste-t-il à celui qui arrive après un deuil ?

Qu’est-ce qu’un enfant de remplacement ?

La notion a été décrite en 1964 par les psychiatres Albert et Barbara Cain, qui ont observé des enfants nés après la mort d’un frère ou d’une sœur. Lorsque le deuil n’a pas pu être vécu, l’enfant suivant peut être investi des attentes, de l’idéalisation ou de l’angoisse liées à l’enfant disparu.

Certaines personnes décrivent, à l’âge adulte, le sentiment de devoir mériter leur place ou de vivre « pour deux ». D’autres grandissent sans difficulté particulière. Tout dépend de la manière dont le deuil a été vécu et dont l’enfant a été accueilli pour lui-même.

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Il est tentant de lire les tourments de Van Gogh, sa solitude ou sa souffrance psychique, comme la conséquence directe de cette naissance. Ce serait réducteur : sa vie a été marquée par bien d’autres éléments, et nul ne peut dire aujourd’hui ce que cette histoire a représenté pour lui. Elle reste une piste de réflexion, pas une explication.

Pour qui souhaite approfondir, l’écrivaine Viviane Forrester a consacré à la famille du peintre un livre, Van Gogh ou l’enterrement dans les blés (Seuil, 1983).

Comment la psychogénéalogie peut vous accompagner

Si vous êtes né après la mort d’un frère ou d’une sœur, ou après une fausse couche dont on a peu parlé, le génosociogramme permet de redonner une place à l’enfant disparu dans l’arbre familial, et de distinguer ce qui vous appartient de ce qui lui était destiné.

Les séances durent une heure, en visio. Elles ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique, et je ne pose aucun diagnostic.

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Trouver votre propre place

Si votre naissance est liée à un deuil dans la famille, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si cet accompagnement vous correspond.

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