En janvier 2026, Brooklyn Beckham, fils aîné de David et Victoria Beckham, publie un long message sur Instagram. Il y reproche à ses parents d’avoir toujours « contrôlé le récit » de la famille dans la presse, écrit que « la marque Beckham passe en premier », et annonce qu’il ne souhaite pas se réconcilier.
Au-delà de l’actualité people, ce conflit très public pose une question que beaucoup de familles connaissent, sans projecteurs : que se passe-t-il lorsque l’image que la famille se donne d’elle-même laisse peu de place à chacun ? C’est ce que l’on appelle, en thérapie familiale, le mythe familial.
Cet article s’appuie uniquement sur les propos publics de Brooklyn Beckham, qui ne représentent qu’une version de ce conflit. Il propose une lecture d’un thème familial, et non une analyse des personnes concernées.
En résumé
Le mythe familial est l’ensemble des croyances partagées qui disent « qui nous sommes » : une famille unie, une famille qui réussit, une famille où l’on ne se plaint pas.
Toute famille en a un, et il est souvent protecteur. Il devient pesant lorsqu’il ne tolère plus la différence ou empêche de parler des difficultés.
S’en dégager ne veut pas forcément dire rompre : il s’agit surtout de trouver sa propre place, à une distance qui vous convient.
Ce que Brooklyn Beckham a exprimé
Dans son message, publié les 19 et 20 janvier 2026, Brooklyn Beckham, alors âgé de 26 ans, affirme que ses parents ont géré l’image de la famille dans les médias tout au long de sa vie, que la promotion publique a compté plus que tout, et que son épouse, Nicola Peltz, n’a pas été respectée. Il écrit qu’il ne se sent pas manipulé, mais qu’il s’affirme « pour la première fois de [sa] vie ».
Interrogé par la presse dans les jours qui ont suivi, David Beckham n’a pas souhaité commenter. Nous ne connaissons donc de cette histoire que ce qu’un de ses membres a choisi de rendre public, et il serait hasardeux d’en tirer des conclusions sur cette famille. Ses mots permettent en revanche d’illustrer une notion utile.
Qu’est-ce qu’un mythe familial ?
La notion a été proposée en 1963 par le psychiatre américain Antonio Ferreira, l’un des pionniers de la thérapie familiale. En France, elle a été développée par le psychiatre et thérapeute familial Robert Neuburger, dans son livre Le Mythe familial (ESF, 1995).
Le mythe familial désigne les croyances partagées par les membres d’une famille sur ce qu’elle est et sur la place de chacun. Il est rarement formulé, mais tout le monde le connaît. Par exemple :
- « Chez nous, on est unis, on se dit tout. »
- « Dans notre famille, on s’en sort seul, on ne demande rien à personne. »
- « Nous sommes une famille qui réussit. »
- « Les hommes de la famille sont solides, les femmes se sacrifient. »
Un mythe n’est pas un mensonge. Il donne une identité au groupe, un sentiment d’appartenance, et aide la famille à traverser les épreuves. Il naît souvent d’une histoire réelle : une ascension sociale, une guerre traversée, une précarité dont on s’est sorti.
Mythe, récit et secret : trois notions voisines
- Le récit familial : les histoires que l’on raconte sur la famille, aux repas, aux enfants, aux nouveaux venus. Il sélectionne, embellit ou passe sous silence certains épisodes.
- Le mythe familial : les croyances plus profondes qui donnent sens à ce récit et fixent ce qui est attendu de chacun.
- Le secret de famille : ce qui est volontairement tu, souvent parce que cela contredirait le mythe.
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Quand le mythe familial devient trop étroit
Un mythe peut devenir pesant lorsqu’il ne laisse plus de place à ce qui ne lui ressemble pas. Quelques signes peuvent alerter :
- faire un choix différent (métier, conjoint, lieu de vie) est vécu comme une trahison ;
- les difficultés, les échecs ou les conflits ne peuvent pas être évoqués, pour ne pas abîmer l’image ;
- un membre de la famille concentre sur lui tout ce qui ne colle pas, et devient le « mouton noir » ;
- vous vous sentez coupable dès que vous vous éloignez de ce qui est attendu de vous.
Le psychiatre Ivan Böszörményi-Nagy a parlé de loyautés invisibles pour désigner ces liens de fidélité, souvent inconscients, qui poussent à rester conforme à ce que la famille attend, parfois au détriment de ses propres choix.
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S’en dégager sans forcément rompre
Prendre de la distance avec un mythe familial ne signifie pas rejeter sa famille. Il s’agit plutôt de reconnaître ce que ce mythe a apporté, de comprendre d’où il vient, puis de choisir ce que l’on garde et ce que l’on laisse. Cette démarche peut se faire en maintenant les liens, en les aménageant, ou parfois en s’éloignant pour un temps.
S’éloigner de sa famille
Il n’y a pas de bonne distance valable pour tous. Prendre ses distances peut être nécessaire, en particulier face à des violences ou à une emprise, et cela ne fait pas de vous quelqu’un d’ingrat. Une rupture familiale reste cependant souvent douloureuse, pour tous. Si cette situation vous pèse au point d’affecter votre sommeil, votre moral ou votre quotidien, parlez-en à votre médecin. En cas de pensées suicidaires, le 3114 répond jour et nuit, gratuitement.
Comment la psychogénéalogie peut vous accompagner
Le génosociogramme permet de repérer comment le mythe de votre famille s’est construit : quelles épreuves il est venu réparer, qui l’a porté, ce qu’il a permis et ce qu’il a empêché. Comprendre son origine aide souvent à s’en dégager avec moins de culpabilité et moins de colère.
Un exemple pour comprendre
Un homme de trente ans a quitté un poste d’ingénieur pour devenir ébéniste. Depuis, les repas de famille sont tendus et il se sent coupable. En construisant son génosociogramme, il retrace l’histoire de son grand-père, fils d’ouvrier agricole devenu cadre à force de sacrifices, et de la phrase qui a traversé trois générations : « Chez nous, on s’élève. » Il comprend mieux ce que son choix vient toucher chez son père. Il ne change pas de voie, mais il peut en parler avec lui autrement que sous l’angle de la trahison.
Les exemples présentés dans cet article sont des situations types, reconstituées pour illustrer le propos, dans le respect de la confidentialité de mon accompagnement.
Les séances durent une heure, en visio. Elles ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique, et je ne pose aucun diagnostic.
Ne pas trouver sa place : quand l’histoire familiale pèse sur votre identité
Trouver votre place dans l’histoire familiale
Si vous avez le sentiment de devoir correspondre à une image familiale qui ne vous ressemble pas, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si cet accompagnement vous correspond.



