Motifs de consultation en psychogénéalogie

Les angoisses de ses ancêtres : comprendre ce qui se transmet et s’en distancier

Des peurs qui semblent plus anciennes que vous : ce que l’on sait vraiment de la transmission des angoisses entre générations, et comment l’histoire familiale peut vous aider à les situer.

Portrait de Mélissa Tellaa Mélissa Tellaa 6 min de lecture

Une peur qui surgit sans raison apparente, une inquiétude qui semble plus ancienne que vous, l’impression de porter une angoisse qui ne vous appartient pas tout à fait : beaucoup de personnes se demandent si elles n’ont pas hérité des peurs de leurs parents, de leurs grands-parents, voire d’ancêtres qu’elles n’ont jamais connus.

La question est légitime. Il n’existe pas de méthode pour « effacer » ce qui s’est transmis, mais comprendre l’histoire de votre famille peut vous aider à mieux situer ces angoisses et à prendre de la distance avec elles, en complément d’un suivi adapté si elles envahissent votre quotidien.

En résumé

Les peurs ne se transmettent pas par les gènes comme un souvenir. Elles se transmettent surtout par les relations, l’éducation et les silences autour des épreuves familiales.

Une anxiété importante, des crises d’angoisse ou des phobies relèvent d’abord d’un avis médical ou psychologique : elles se soignent.

La psychogénéalogie peut, à côté, vous aider à relier ces peurs à votre histoire familiale et à distinguer ce qui vous appartient de ce que vous avez reçu.

Une angoisse qui envahit le quotidien se soigne

Crises d’angoisse, peurs qui vous empêchent de sortir, de dormir ou de travailler, anxiété permanente : parlez-en à votre médecin, à un psychiatre ou à un psychologue. Des traitements et des thérapies ont fait leurs preuves. Un travail sur l’histoire familiale peut venir en complément, jamais à la place.

Peut-on hériter des angoisses de ses ancêtres ?

Ce que dit la recherche

Des travaux en épigénétique, menés surtout chez l’animal, suggèrent que certaines expériences de stress intense pourraient influencer la biologie des générations suivantes. Chez l’être humain, quelques études, notamment auprès de descendants de survivants de la Shoah, vont dans ce sens, mais elles portent sur de petits groupes et restent discutées.

Ces recherches ne montrent pas que des peurs précises, des souvenirs ou des « programmes » se transmettraient par l’ADN. Il faut donc se méfier des discours qui parlent de « mémoire cellulaire » ou affirment que vos cellules porteraient les angoisses de vos aïeux.

Ce qui se transmet par les relations et les silences

La transmission la mieux connue est relationnelle. Un parent très inquiet transmet, sans le vouloir, l’idée que le monde est dangereux, par ses réactions, ses mises en garde, ses évitements. Ce parent a souvent lui-même grandi auprès de personnes marquées par la guerre, l’exil, la misère ou des deuils.

Les silences jouent aussi un rôle. Les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Torok ont décrit comment un drame tu dans une génération peut laisser, dans les suivantes, un malaise difficile à nommer. C’est ce que la psychogénéalogie désigne par les secrets de famille et les « fantômes » familiaux : ce n’est pas l’événement qui se transmet, mais la gêne et le non-dit qui l’entourent.

Quand une angoisse peut avoir un lien avec l’histoire familiale

Il n’existe pas de « signe » qui prouverait qu’une peur vient de vos ancêtres. Certaines situations peuvent toutefois inviter à regarder du côté de l’histoire familiale :

  • une peur qui s’active à un moment précis de la vie (devenir parent, atteindre l’âge qu’avait un proche lors d’un drame, partir loin de chez soi) ;
  • une angoisse qui semble disproportionnée par rapport à ce que vous avez vécu vous-même ;
  • des peurs qui se retrouvent chez plusieurs membres de la famille, sur plusieurs générations ;
  • des sujets dont on ne parle jamais, ou seulement à demi-mot.

Ces pistes ne sont pas des preuves. Elles invitent simplement à explorer, sans forcer les liens.

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Comment se libérer des angoisses de ses ancêtres ?

Plutôt que de chercher à « couper » avec le passé, la psychogénéalogie propose de le comprendre. Ce travail ne fait pas disparaître une angoisse du jour au lendemain, mais il permet souvent de la regarder autrement.

Retracer l’histoire de votre famille

Le génosociogramme est un arbre généalogique enrichi des événements marquants : naissances, décès, migrations, guerres, séparations, maladies. Il aide à replacer vos peurs dans un contexte plus large, et parfois à comprendre pourquoi elles se sont installées dans votre famille.

Mettre des mots sur ce qui a été tu

Interroger ses proches quand c’est possible, rechercher des archives, formuler des hypothèses : donner une place à ce qui a été vécu par les générations précédentes permet souvent de ne plus porter en silence un malaise sans nom.

Distinguer ce qui vous appartient

Comprendre qu’une peur avait un sens pour une grand-mère qui a connu la guerre ne la rend pas moins réelle pour vous. Mais cela peut vous aider à reconnaître qu’elle ne correspond pas forcément à votre vie d’aujourd’hui, et à ne plus vous reprocher de la ressentir.

Écrire, si cela vous aide

Certaines personnes trouvent utile d’écrire une lettre, qui ne sera pas envoyée, à un aïeul dont l’histoire les touche. Ce n’est pas un rituel qui aurait un effet en soi : c’est une manière parmi d’autres de mettre en mots ce que l’on ressent. Rien ne vous oblige à le faire.

Un exemple pour comprendre

Une femme enceinte de son premier enfant ressent une angoisse croissante à l’approche de l’accouchement, alors que sa grossesse se passe bien et qu’elle est suivie par sa sage-femme. En construisant son génosociogramme, elle apprend que sa grand-mère avait perdu un bébé à la naissance, et que la famille n’en avait jamais parlé. Cette découverte ne remplace pas le soutien de son équipe médicale, mais l’aide à comprendre pourquoi ce moment réveille en elle une peur si intense.

Les exemples présentés dans cet article sont des situations types, reconstituées pour illustrer le propos, dans le respect de la confidentialité de mon accompagnement.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Face à une angoisse qui dure, il est tentant de chercher une solution rapide. Méfiez-vous des approches qui promettent de « nettoyer » votre arbre ou de vous « libérer » définitivement de vos ancêtres, qui vous demandent de rompre avec votre famille, ou qui vous déconseillent un traitement. Aucune démarche sérieuse ne peut garantir un tel résultat.

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Un accompagnement en complément des soins

Les séances de psychogénéalogie durent une heure, en visio, toutes les trois à quatre semaines. Elles ne remplacent ni un traitement ni une psychothérapie, et je ne pose aucun diagnostic. Elles peuvent s’ajouter à un suivi existant, si vous ressentez le besoin d’explorer ce que votre histoire familiale vient réveiller.

Si vous traversez une grande détresse ou des idées noires, parlez-en sans attendre à votre médecin. En cas de pensées suicidaires, le 3114 est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7.

Mettre votre histoire en perspective

Si certaines de vos peurs semblent liées à l’histoire de votre famille, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si cet accompagnement vous correspond.

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