Fausses couches, vaginisme, endométriose, cancer du sein… Ces épreuves touchent l’intimité, le corps et souvent l’identité de femme. Elles sont très différentes les unes des autres, et chacune relève d’abord d’une prise en charge médicale adaptée.
Au-delà des soins, elles soulèvent pourtant des questions profondes : sur la féminité, la maternité, la sexualité, et parfois sur l’histoire des femmes de votre famille. C’est sur ce terrain-là, et seulement sur celui-là, que la psychogénéalogie et l’analyse transgénérationnelle peuvent vous accompagner.
En résumé
Les troubles gynécologiques et les maladies comme le cancer du sein ont des causes médicales, et leur prise en charge relève de professionnels de santé.
La psychogénéalogie ne soigne pas, n’explique pas l’origine d’une maladie et ne remplace aucun traitement.
Elle peut vous aider à traverser ces épreuves et à explorer ce qu’elles réveillent de votre histoire familiale.
Avant tout, un suivi médical
Des douleurs pendant les règles ou les rapports, des fausses couches successives, une grosseur ou une modification du sein : ces signes doivent être explorés par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme. N’interrompez jamais un traitement et ne retardez jamais une consultation au profit d’une autre approche.
Ce que la psychogénéalogie ne prétend pas faire
Vous avez peut-être lu que certaines maladies auraient un « sens caché », qu’un cancer exprimerait un conflit non résolu, ou que le corps rejouerait la souffrance d’une ancêtre. Ces affirmations, que l’on retrouve notamment dans le « décodage biologique », ne reposent sur aucune preuve scientifique.
Elles peuvent aussi faire beaucoup de mal : elles laissent entendre que la personne malade serait, d’une certaine façon, responsable de ce qui lui arrive, et peuvent conduire à retarder des soins. Ce n’est pas la démarche que je vous propose. Vous n’êtes pas responsable de ce qui touche votre corps.
Les dérives de la psychogénéalogie à connaître
Ce que ces épreuves peuvent réveiller de votre histoire familiale
Lorsqu’une épreuve touche votre corps de femme, il est fréquent de se tourner, parfois sans le vouloir, vers celles qui vous ont précédée : comment votre mère ou votre grand-mère ont-elles vécu leur féminité, leurs grossesses, leurs maladies ? Qu’en a-t-on dit, et qu’a-t-on tu ?
Les fausses couches et les deuils périnataux
Une fausse couche est un événement fréquent, qui concerne environ 15 % des grossesses connues. Le plus souvent, elle survient sans que rien de ce que vous avez fait ou ressenti n’en soit la cause. Elle n’en reste pas moins un deuil, souvent vécu dans le silence.
Dans beaucoup de familles, ces pertes n’étaient pas évoquées : une grand-mère qui a perdu un bébé sans jamais en parler, un enfant mort-né dont on a tu l’existence. Vivre à son tour une fausse couche peut raviver ces silences. Les explorer peut aider à donner une place à ce qui a été vécu, par vous comme par celles qui vous ont précédée.
Difficultés à tomber enceinte : ce que la psychogénéalogie peut apporter
Le vaginisme et le rapport à l’intimité
Le vaginisme se traduit par une contraction involontaire des muscles du vagin, qui rend la pénétration douloureuse, voire impossible. Il se soigne, le plus souvent grâce à une prise en charge associant médecin ou sage-femme, kinésithérapeute spécialisé et sexologue.
En parallèle, il peut être utile d’explorer ce que votre famille vous a transmis au sujet du corps et de la sexualité : des silences, des tabous, des peurs, parfois des violences subies par des femmes de la lignée et jamais nommées. Ces histoires n’expliquent pas à elles seules un vaginisme, mais les mettre en mots peut vous aider à vous réapproprier votre intimité.
Si vous avez subi des violences, notamment sexuelles, vous pouvez en parler au 3919, gratuitement et anonymement, 24 h/24 et 7 j/7.
L’endométriose et les douleurs gynécologiques
L’endométriose touche environ une femme sur dix et reste souvent diagnostiquée tardivement. Vivre avec des douleurs chroniques, longtemps minimisées par l’entourage, peut être épuisant.
« C’est normal d’avoir mal pendant ses règles » : cette phrase, souvent transmise de mère en fille, dit aussi quelque chose d’une histoire familiale, celle de femmes à qui l’on a appris à endurer en silence. La questionner peut vous aider à vous autoriser à être entendue, et à prendre soin de vous.
Le cancer du sein et les autres cancers féminins
Un cancer bouleverse la vie, le corps et l’image de soi. Lorsque d’autres femmes de la famille ont été touchées, il réveille aussi des souvenirs, des peurs et parfois des deuils.
La psychogénéalogie ne s’intéresse pas à l’origine de la maladie. Elle peut en revanche vous offrir un espace pour traverser ce que vous vivez, en complément de l’accompagnement proposé par votre équipe soignante : la peur de revivre le parcours d’une mère, la place de la maladie dans l’histoire familiale, les questions sur ce que l’on transmet à ses propres enfants.
Une partie des cancers du sein, de l’ordre de 5 à 10 %, est liée à une prédisposition génétique héréditaire. Si plusieurs femmes de votre famille ont été touchées, parlez-en à votre médecin : une consultation d’oncogénétique peut vous être proposée.
Les messages familiaux sur le corps des femmes
Certaines phrases, entendues dès l’enfance ou transmises par l’exemple, façonnent la manière dont on habite son corps :
- « Être une femme, c’est souffrir. »
- « On ne parle pas de ces choses-là. »
- « Il ne faut pas trop se montrer. »
- « Donner la vie est un devoir. »
Ces messages ne rendent pas malade. Mais ils peuvent peser sur la façon dont vous vivez votre corps, dont vous exprimez une douleur ou dont vous osez demander de l’aide.
Un exemple pour comprendre
Une femme qui vient de traverser une deuxième fausse couche se sent submergée par une tristesse qu’elle n’arrive pas à partager. En construisant son génosociogramme, elle apprend que sa grand-mère avait perdu un enfant à la naissance, et que personne n’en avait jamais parlé. Donner une place à ces deux histoires ne change rien au suivi médical, mais lui permet de vivre son propre deuil sans le porter seule.
Les exemples présentés dans cet article sont des situations types, reconstituées pour illustrer le propos, dans le respect de la confidentialité de mon accompagnement.
Comment la psychogénéalogie peut-elle vous accompagner ?
Explorer l’histoire des femmes de votre famille
Le génosociogramme est un arbre généalogique enrichi des événements marquants de chaque génération : naissances, pertes, maladies, unions, séparations. Il permet de replacer ce que vous vivez dans l’histoire de votre lignée, et de repérer ce qui a pu être vécu, tu ou transmis.
Déposer ce que vous traversez
Tristesse, colère, peur, sentiment d’injustice, honte parfois : toutes ces émotions sont légitimes. Les séances offrent un espace confidentiel et sans jugement pour les exprimer, en dehors du cadre médical et du regard de vos proches.
Vous réapproprier votre corps et votre histoire
Il ne s’agit pas de guérir un symptôme, mais de retrouver, à votre rythme, un rapport plus apaisé à votre corps, à votre féminité et à votre histoire, en distinguant ce qui vous appartient de ce que vous avez reçu.
Un accompagnement en complément des soins
La psychogénéalogie ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement, ni l’accompagnement psychologique que peuvent proposer les équipes soignantes. Elle peut s’y ajouter, si vous en ressentez le besoin, et ne doit jamais conduire à retarder une consultation ou à interrompre un suivi. Les séances se déroulent en visio, ce qui permet de les adapter à votre état de santé et à votre calendrier de soins.
Si vous traversez une grande détresse ou des idées noires, parlez-en sans attendre à votre médecin. En cas de pensées suicidaires, le 3114 est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7.
Un espace pour déposer ce que vous vivez
Si ce que vous traversez réveille des questions sur l’histoire des femmes de votre famille, ou si vous avez simplement besoin d’un lieu pour en parler, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si cet accompagnement vous correspond.



