Vous souhaitez mieux comprendre votre histoire familiale et les transmissions entre générations ? Le génosociogramme est l’outil de base de la psychogénéalogie. Voici ce qui le distingue du génogramme, les symboles à connaître et comment le construire vous-même, étape par étape, avec un modèle vierge à imprimer.
En résumé
Le génogramme représente votre famille avec des symboles simples et des faits : naissances, unions, décès, métiers.
Le génosociogramme va plus loin : il y ajoute les événements de vie et la qualité des liens entre les personnes.
Il se dessine à la main, en partant de vous, puis en remontant vers vos parents et grands-parents.
Il sert à se poser des questions, pas à tirer des conclusions : les répétitions que l’on y voit sont des pistes, jamais des preuves.
Modèle gratuit à imprimer
Un PDF de 4 pages au format A4 paysage : le mode d’emploi, la légende des symboles, un génosociogramme vierge sur quatre générations et une page pour noter vos observations.
Qu’est-ce qu’un génosociogramme ?
Le génosociogramme représente votre famille sur plusieurs générations. À la différence d’un arbre généalogique classique, il ne se contente pas d’indiquer qui est qui : il fait apparaître les liens affectifs, les événements marquants, les secrets, les départs et les répétitions. Il a été développé en France par Anne Ancelin Schützenberger, à partir du génogramme utilisé en thérapie familiale.
Il ne demande ni recherches d’archives ni documents officiels pour commencer : il donne une forme visible à votre famille, telle que vous la connaissez, la ressentez ou la portez en vous.
Génogramme ou génosociogramme : quelle différence ?
Le génogramme : la carte des faits
Un génogramme est un schéma sur lequel vous placez les membres de votre famille : parents, grands-parents, frères et sœurs, enfants. Avec des symboles simples et des traits pour les liens de filiation ou d’union, on construit une carte claire du système familial. On y ajoute des éléments factuels : dates de naissance et de décès, mariages, séparations, enfants perdus, professions.

Par exemple, un génogramme peut montrer que trois femmes d’une même lignée se sont retrouvées veuves très jeunes, ou que les hommes de la famille ont tous changé de métier autour de 40 ans. Prises isolément, ces informations semblent anecdotiques. Mises côte à côte sur un même schéma, elles deviennent des pistes de travail.
Le génosociogramme : les faits et les liens
Le génosociogramme reprend le même principe, mais va un cran plus loin. On y ajoute les liens affectifs, émotionnels, sociaux et symboliques entre les membres de la famille. Qui était en conflit avec qui ? Quelles relations étaient très proches, voire fusionnelles ? Où se trouvaient les silences, les rejets, les non-dits ? Il fait apparaître les loyautés invisibles, les zones de tension et les répétitions d’une génération à l’autre. On peut aussi y inscrire :
- des secrets de famille ;
- des « trous » dans la mémoire familiale, une génération dont on ne sait presque rien ;
- des événements tabous, jamais évoqués ouvertement ;
- des prénoms qui reviennent d’une génération à l’autre.
| Génogramme | Génosociogramme |
|---|---|
| Ce qu’il montre Qui est qui, et les faits : naissances, unions, décès, métiers. | Ce qu’il montre Les mêmes faits, plus les liens affectifs, les événements marquants et les silences. |
| D’où il vient La thérapie familiale, aux États-Unis. | D’où il vient Anne Ancelin Schützenberger, en France. |
| À quoi il sert Avoir une vue d’ensemble de la famille. | À quoi il sert Repérer des répétitions et se poser des questions sur son histoire. |
Un exemple concret
Vous avez du mal à vous engager dans une relation amoureuse, sans en comprendre la raison. En construisant votre génosociogramme, vous découvrez que votre arrière-grand-mère a perdu son mari très jeune et ne s’est jamais remariée. Ce deuil peut éclairer une méfiance envers l’engagement transmise dans la famille. Ce n’est ni une fatalité ni une vérité absolue : c’est une hypothèse de travail, à explorer.
Pourquoi en faire un ?
- Repérer des répétitions : séparations, métiers, âges auxquels surviennent certains événements.
- Mettre en évidence les zones de silence et les secrets de famille.
- Mieux comprendre certaines réactions ou certains choix, en les replaçant dans l’histoire familiale.
- Voir aussi les ressources dont vous avez hérité : talents, solidarités, capacité à traverser les épreuves.
L’objectif n’est jamais de juger le passé ni les personnes de votre famille. Il s’agit de comprendre comment certaines façons de faire se transmettent, pour choisir plus consciemment ce que vous souhaitez garder.
Les symboles à connaître
Dans la tradition d’Anne Ancelin Schützenberger, les femmes sont représentées par un cercle et les hommes par un triangle ; dans le génogramme de thérapie familiale, l’homme est plutôt représenté par un carré. L’essentiel est de rester cohérent. Voici les symboles que j’utilise, aussi présents dans le modèle à imprimer :



Construire votre génosociogramme étape par étape
Préparez votre feuille
Imprimez le modèle vierge ou prenez une grande feuille. Dans un coin, notez la date du jour et la question qui vous amène à faire ce travail. Un génosociogramme évolue : celui que vous ferez dans six mois sera différent. Oubliez la perfection : il se dessine à main levée, au stylo plutôt qu’au crayon à papier. Les ratures, les oublis et les hésitations font partie du travail et peuvent en dire long.
Commencez par vous
Placez-vous au centre de la feuille, avec votre prénom et votre date de naissance, puis vos frères et sœurs à côté de vous, du plus âgé au plus jeune.
Ajoutez vos parents, puis vos grands-parents
Reliez-vous à votre père et à votre mère, puis remontez génération par génération, avec les dates importantes (naissance, union, séparation, décès). Pour les informations manquantes, interrogez vos proches, consultez le livret de famille, les photos, ou les archives en ligne.
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Indiquez la qualité des liens
Utilisez les différents traits pour représenter les relations proches, distantes, conflictuelles ou rompues, telles que vous les percevez.
Ajoutez les événements marquants
Mariages, séparations, déménagements, migrations, faillites, guerres traversées, deuils : tout ce qui a compté dans l’histoire de la famille peut y trouver sa place, avec une date quand vous la connaissez.
Prenez du recul
Une fois le schéma posé, observez-le. Des événements reviennent-ils à des âges proches ? Des situations se répètent-elles d’une génération à l’autre ? Notez vos questions et vos émotions, sans chercher à tout expliquer : une coïncidence reste souvent une coïncidence. La dernière page du modèle vous guide pour noter ce que vous remarquez.
Si des émotions fortes surgissent
Construire son génosociogramme peut réveiller des souvenirs douloureux ou faire apparaître des découvertes inattendues. Prenez votre temps, faites des pauses, et n’hésitez pas à vous faire accompagner. Si vous traversez une détresse importante, parlez-en à votre médecin ; en cas de pensées suicidaires, le 3114 répond jour et nuit, gratuitement.
Comment se construit un génosociogramme en séance ?
En séance, nous construisons et lisons ensemble votre génosociogramme, généralement sur au moins quatre générations, à partir de ce que vous savez et de ce que vous ressentez. Il n’est pas nécessaire d’avoir des informations complètes : les zones floues et les silences sont eux-mêmes des informations, souvent aussi parlantes que les faits établis. Le schéma évolue au fil des séances, de vos souvenirs et de vos découvertes.
Les séances durent une heure, en visio. Elles ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique, et je ne pose aucun diagnostic.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un génogramme et un génosociogramme ?
Le génogramme montre la structure de la famille et les faits : qui est qui, les dates, les unions, les métiers. Le génosociogramme y ajoute les liens affectifs, les événements marquants et les silences. C’est l’outil utilisé en psychogénéalogie.
Sur combien de générations faire son génosociogramme ?
On travaille en général sur au moins quatre générations : vous, vos parents, vos grands-parents et vos arrière-grands-parents. C’est ce que propose le modèle à imprimer. Vous pouvez remonter plus loin si vous avez des informations.
Que faire si je connais mal ma famille ?
Commencez avec ce que vous savez et laissez les cases vides. Ce que vous ignorez est aussi une information. Vous pourrez compléter plus tard en interrogeant vos proches ou en consultant le livret de famille et les archives.
Comment représenter une adoption ou une famille recomposée ?
Pour une adoption, le trait qui relie l’enfant au couple se dessine en pointillés. Pour une famille recomposée, ajoutez chaque union avec son trait (séparation, divorce, nouvelle union) et reliez chaque enfant au couple dont il est issu. Le modèle est une base : adaptez-le à votre histoire.
Peut-on faire son génosociogramme seul ?
Oui, le dessiner seul est déjà un travail utile. Le lire avec un professionnel aide à prendre du recul, à repérer ce que l’on ne voit pas soi-même et à ne pas tirer de conclusions trop rapides.
Lire votre génosociogramme à deux
Si vous avez commencé votre génosociogramme et souhaitez aller plus loin dans sa lecture, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si cet accompagnement vous correspond.



