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Place dans la fratrie : ce que dit la recherche et ce qu’éclaire la psychogénéalogie

Aîné responsable, benjamin chouchouté : que valent ces portraits ? Ce que montre la recherche sur le rang de naissance, et ce qui façonne vraiment la place de chacun parmi ses frères et sœurs.

Portrait de Mélissa Tellaa Mélissa Tellaa 5 min de lecture
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L’aîné responsable, le cadet rebelle, le petit dernier chouchouté : chacun connaît ces portraits, et beaucoup s’y reconnaissent en partie. La place dans la fratrie fait partie de notre histoire, et elle se rejoue parfois longtemps à l’âge adulte, dans la famille comme ailleurs.

Mais que dit vraiment la recherche sur le rang de naissance ? Et qu’est-ce qui, au-delà du simple rang, façonne la place que l’on occupe parmi ses frères et sœurs ? C’est sur ce second point que la psychogénéalogie apporte un éclairage.

En résumé

De grandes études montrent que le rang de naissance a très peu d’effet sur la personnalité : les portraits types de l’aîné ou du benjamin sont largement des stéréotypes.

Ce qui compte davantage, c’est la place donnée à chaque enfant : les attentes des parents, le contexte de sa naissance, les événements et les rôles de la famille.

La psychogénéalogie aide à explorer cette place sur plusieurs générations, pour mieux comprendre celle que vous occupez aujourd’hui.

Le rang de naissance influence-t-il la personnalité ?

L’idée que l’ordre de naissance façonne le caractère remonte notamment au médecin et psychothérapeute Alfred Adler, au début du XXe siècle. Elle a depuis beaucoup circulé : l’aîné serait sérieux et responsable, le cadet plus indépendant ou créatif, le benjamin plus insouciant.

Les recherches récentes nuancent fortement ces portraits. En 2015, deux grandes études portant chacune sur plusieurs milliers, voire plusieurs centaines de milliers de personnes, n’ont trouvé aucun effet notable du rang de naissance sur des traits comme l’extraversion, la stabilité émotionnelle, l’amabilité ou le sens des responsabilités. Seule une très légère différence en faveur des aînés a été observée sur certaines mesures intellectuelles.

Autrement dit, être né en premier ou en dernier ne détermine pas qui vous êtes. Il faut donc se méfier des lectures qui attribuent à chaque rang une personnalité ou une « mission » précise.

Ce qui façonne vraiment une place dans la fratrie

Si le rang seul explique peu de choses, la place que chaque enfant occupe dans sa famille peut en revanche compter beaucoup. Elle dépend notamment :

  • des attentes des parents : un premier enfant attendu pour reprendre l’entreprise, une fille espérée après plusieurs garçons ;
  • du contexte de la naissance : une période heureuse, une crise du couple, un deuil récent ;
  • des rôles attribués : « le sérieux », « la rigolote », « celui qui pose problème » ;
  • de l’histoire des parents dans leur propre fratrie : un père aîné qui a dû porter sa famille peut, sans le vouloir, attendre la même chose de son premier enfant ;
  • des événements de la famille : la maladie ou le handicap d’un enfant, un divorce, un déménagement, une naissance tardive.

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Les situations particulières

Naître après une perte

Lorsqu’un enfant est mort, ou qu’une grossesse s’est interrompue avant votre naissance, cela ne vous attribue pas un « autre rang » ni une énergie particulière. Ce qui peut compter, c’est la manière dont vos parents ont vécu cette perte, et ce qui en a été dit ou tu. Un enfant né peu après un deuil peut, par exemple, être très investi par des parents encore en peine.

Une fausse couche ou une interruption volontaire de grossesse n’est pas une faute, et n’a pas à devenir un sujet de culpabilité, ni pour les parents ni pour les enfants.

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L’enfant unique

Les idées reçues sur l’enfant unique, souvent décrit comme égoïste ou solitaire, ne sont pas confirmées par la recherche. En revanche, un enfant unique peut concentrer sur lui toutes les attentes de ses parents, surtout lorsqu’il est venu après des difficultés pour concevoir ou après une perte.

Les jumeaux

Les jumeaux partagent un même rang, mais chacun a besoin de trouver sa propre place. L’ordre de sortie, les comparaisons ou le fait d’être toujours désignés ensemble peuvent influencer la façon dont chacun se construit.

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Familles recomposées et adoption

Dans une famille recomposée, un enfant peut être l’aîné chez sa mère et le plus jeune chez son père, et devoir trouver sa place parmi des demi-frères, des demi-sœurs ou les enfants du nouveau conjoint. Un enfant adopté s’inscrit, lui, dans deux histoires familiales, dont l’une est parfois inconnue.

Quand les places se figent

Certaines places deviennent pesantes lorsqu’elles se figent : l’aîné qui continue, à cinquante ans, à régler les conflits de toute la famille, le benjamin que personne ne prend au sérieux, celui qui a toujours été le « mouton noir ». Ces rôles peuvent aussi alimenter des tensions durables entre frères et sœurs.

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Explorer sa place dans la fratrie avec la psychogénéalogie

Regarder les fratries sur plusieurs générations

Le génosociogramme permet de noter le rang de chacun, dans chaque génération, ainsi que les enfants disparus, les écarts d’âge, les rôles tenus. On y voit parfois des places qui se répètent : des aînés qui ont dû s’occuper des plus jeunes de génération en génération, ou des derniers-nés restés auprès de leurs parents.

Quelques questions pour commencer

  • Que se passait-il dans la famille au moment de votre naissance ?
  • Quel rôle vous attribuait-on enfant ? Et aujourd’hui ?
  • Quelle place vos parents occupaient-ils dans leur propre fratrie ?
  • Y a-t-il des enfants dont on ne parle pas, ou peu ?

Un exemple pour comprendre

Une femme, aînée de trois enfants, se sent épuisée d’être toujours celle que l’on appelle en cas de problème. En construisant son génosociogramme, elle remarque que sa mère et sa grand-mère, elles aussi aînées, ont dû très tôt s’occuper de leurs frères et sœurs après la mort d’un parent. Elle comprend que ce rôle a été transmis comme une évidence. Cela l’aide à oser dire non, sans se sentir coupable.

Les exemples présentés dans cet article sont des situations types, reconstituées pour illustrer le propos, dans le respect de la confidentialité de mon accompagnement.

Les séances durent une heure, en visio. Elles ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique, et je ne pose aucun diagnostic.

Comprendre la place qui est la vôtre

Si votre place parmi vos frères et sœurs vous pèse, ou si vous voulez mieux la comprendre, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si cet accompagnement vous correspond.

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