« D’où est-ce que je viens ? » Pour une personne adoptée, cette question peut prendre une place particulière, à l’adolescence, à l’arrivée d’un enfant, ou à la mort d’un parent. Elle ne signifie pas un rejet de la famille adoptive : elle fait partie de la construction de chacun.
La psychogénéalogie peut aider à explorer une histoire qui s’inscrit dans deux familles, dont l’une est parfois peu ou pas connue. Cet article s’adresse aux personnes adoptées comme aux parents adoptifs.
En résumé
Une personne adoptée appartient à deux histoires : celle de sa famille de naissance et celle de sa famille adoptive. Il n’y a pas à choisir entre les deux.
Rechercher ses origines est une démarche légitime, encadrée en France, qui peut apporter des réponses mais aussi des déceptions.
La psychogénéalogie aide à relier ces histoires, y compris lorsque certaines informations resteront inconnues.
Deux histoires familiales
Toute adoption commence par une séparation. L’enfant est né dans une famille, puis il grandit dans une autre. Chacune a son histoire, ses épreuves, ses attentes.
- La famille de naissance : les circonstances de la naissance et de la séparation, souvent peu connues, parfois marquées par la précarité, la jeunesse de la mère, la pression sociale ou la maladie.
- La famille adoptive : le désir d’enfant, parfois un parcours d’infertilité ou un deuil, les attentes et l’histoire propre des parents.
Les deux comptent dans la manière dont une personne adoptée se construit, se raconte et trouve sa place dans sa fratrie et dans sa famille.
Les questions que l’adoption peut soulever
Chaque parcours est différent, et beaucoup de personnes adoptées vivent leur histoire sereinement. Certaines questions reviennent toutefois souvent :
- Pourquoi cette séparation a-t-elle eu lieu ?
- À qui est-ce que je ressemble ? Quels sont mes antécédents médicaux ?
- Ai-je des frères et sœurs de naissance ?
- Ai-je le droit de chercher sans blesser mes parents ?
- Est-ce que je dois « mériter » ma place dans ma famille adoptive ?
Ces questions peuvent ressurgir à des moments clés : l’adolescence, la naissance d’un enfant, un deuil, ou la découverte tardive de l’adoption lorsqu’elle avait été tenue secrète.
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Rechercher ses origines en France
Plusieurs démarches sont possibles selon la situation :
- consulter son dossier d’adoption auprès du conseil départemental (pour les anciens pupilles de l’État) ou de l’organisme qui a accompagné l’adoption ;
- pour les personnes nées dans le secret, s’adresser au Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP). L’identité de la mère de naissance ne peut être communiquée qu’avec son accord, ou après son décès si elle ne s’y était pas opposée.
Ces recherches peuvent aboutir à des retrouvailles, à des informations partielles, ou rester sans réponse. Il est utile de s’y préparer, et de se faire accompagner face à ce que l’on découvre.
À propos des tests ADN
Beaucoup de personnes adoptées envisagent un test ADN pour retrouver leur famille de naissance. En France, ces tests réalisés hors cadre médical ou judiciaire sont interdits et passibles d’une amende de 3 750 €. Ils peuvent aussi révéler des informations inattendues, pour vous comme pour des personnes qui n’ont rien demandé.
Ce que la psychogénéalogie peut apporter
Construire un arbre à deux racines
Le génosociogramme d’une personne adoptée peut faire figurer les deux familles : ce que l’on sait de la famille de naissance, même peu de chose, et l’histoire de la famille adoptive. Les zones inconnues y ont aussi leur place.
Comprendre ce que chacun a apporté à l’adoption
L’histoire des parents adoptifs, leurs deuils, leurs peurs, peut éclairer certaines attentes ou certaines inquiétudes. Ce travail n’a pas pour but d’accuser, mais de comprendre ce qui s’est noué entre chacun.
Vivre avec ce qui restera inconnu
Il arrive que les origines restent inaccessibles. Il est alors possible de travailler sur ce manque : les images que l’on s’est construites, les questions que l’on porte, et la manière de les intégrer à son histoire.
Un exemple pour comprendre
Une femme adoptée à quelques mois se sent depuis toujours obligée d’être irréprochable pour ses parents. En construisant son génosociogramme, elle apprend que sa mère adoptive avait perdu un bébé avant de l’accueillir, un deuil dont on ne parlait pas. Elle comprend mieux certaines inquiétudes de sa mère à son égard. Cela ne répond pas à ses questions sur ses origines, mais l’aide à ne plus vivre son adoption comme une place à mériter.
Les exemples présentés dans cet article sont des situations types, reconstituées pour illustrer le propos, dans le respect de la confidentialité de mon accompagnement.
Et pour les parents adoptifs ?
Parler tôt de l’adoption à l’enfant, avec des mots adaptés à son âge, lui permet de construire son histoire sans secret. Les parents adoptifs peuvent aussi avoir besoin d’un espace pour eux : pour revenir sur leur propre parcours, leurs deuils éventuels, ou pour accompagner les questions de leur enfant sans se sentir menacés. Des associations de familles adoptives et de personnes adoptées proposent également des lieux d’échange.
Les séances de psychogénéalogie durent une heure, en visio. Elles ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique, et je ne pose aucun diagnostic.
Ne pas trouver sa place : quand l’histoire familiale pèse sur votre identité
Relier vos deux histoires
Si l’adoption fait partie de votre histoire, que vous soyez une personne adoptée ou un parent adoptif, et que vous souhaitez explorer votre histoire familiale, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si cet accompagnement vous correspond.



