Génosociogramme, loyauté invisible, syndrome d’anniversaire, crypte, fantôme… La psychogénéalogie et l’analyse transgénérationnelle utilisent un vocabulaire qui peut sembler obscur. Ce lexique rassemble les notions les plus courantes, avec leur origine et, lorsque c’est nécessaire, leurs limites.
En résumé
La plupart de ces notions viennent de la psychanalyse, de la thérapie familiale ou de la sociologie. Elles sont utiles pour réfléchir à son histoire.
Ce sont des outils de compréhension, issus de l’observation clinique : la plupart n’ont pas été validés scientifiquement, et aucune ne permet de poser un diagnostic.
Les outils
Génogramme et génosociogramme
Le génogramme est une représentation de la famille sur plusieurs générations, avec des symboles normalisés. Le génosociogramme, développé par Anne Ancelin Schützenberger, y ajoute les événements marquants (naissances, décès, unions, séparations, métiers, migrations) et leur contexte. C’est l’outil central de la psychogénéalogie.
Génogramme et génosociogramme : définition et utilité
Acte symbolique et acte psychomagique
Un acte symbolique est un geste concret qui aide à exprimer ce que les mots ne suffisent pas à dire : écrire une lettre qui ne sera pas envoyée, nommer un enfant disparu dans l’arbre. L’acte psychomagique, imaginé par l’artiste Alejandro Jodorowsky, en est une version plus théâtrale. Aucun de ces gestes n’a d’effet « magique » : leur intérêt tient à ce qu’ils permettent de mettre en forme.
La psychomagie : principes et limites
Les notions de transmission
Transmission intergénérationnelle et transgénérationnelle
Des psychanalystes comme René Kaës ou Évelyne Granjon distinguent ce qui se transmet consciemment entre générations proches, en étant raconté et partagé (l’intergénérationnel), de ce qui traverse les générations sans avoir été mis en mots (le transgénérationnel).
Mémoire transgénérationnelle : de quoi parle-t-on ?
Secret de famille
Information délibérément cachée à certains membres de la famille, souvent par honte, par peur ou pour protéger. Le psychiatre Serge Tisseron a décrit comment un secret devient « indicible » pour ceux qui l’ont vécu, « innommable » pour leurs enfants et parfois « impensable » pour leurs petits-enfants.
Secrets de famille : comment ils se transmettent
Crypte et fantôme
Notions proposées par les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Torok. La crypte désigne un vécu douloureux enfoui chez une personne, faute d’avoir pu être dit ou élaboré. Le fantôme désigne l’effet de ce non-dit chez ses descendants, qui en ressentent le poids sans en connaître le contenu.
Loyauté invisible
Notion développée dans les années 1970 par le psychiatre Ivan Böszörményi-Nagy : une fidélité inconsciente à sa famille, qui peut conduire à reproduire le parcours d’un parent ou à s’interdire de le dépasser.
Dette transgénérationnelle
Sentiment de devoir quelque chose à sa famille, ou de porter une injustice non réparée d’une génération précédente. Böszörményi-Nagy parlait d’un « grand livre des comptes » familial, fait de dettes et de mérites.
Dette transgénérationnelle : définition et éclairage
Schéma répétitif transgénérationnel
Situation qui semble se reproduire d’une génération à l’autre : type de relation, parcours, événement à un âge similaire. Toutes les ressemblances ne sont pas des répétitions : beaucoup relèvent du hasard ou d’un contexte commun.
Schéma répétitif : le reconnaître et en sortir
Syndrome d’anniversaire
Idée selon laquelle certains événements se reproduiraient à des dates ou à des âges proches de ceux d’événements marquants de l’histoire familiale. Décrits dans les années 1950 par la psychiatre Josephine Hilgard, ces « réactions d’anniversaire » ont été popularisées par Anne Ancelin Schützenberger. Ce sont des pistes à explorer avec prudence, pas des prédictions.
Syndrome d’anniversaire : définition et exemples
Traumatisme et blessure transgénérationnelle
Un traumatisme est un événement qui dépasse les capacités d’une personne à y faire face. On parle de blessure transgénérationnelle pour désigner l’influence possible d’épreuves graves (guerre, exil, violences, deuils) sur les générations suivantes. Cette influence est réelle dans certaines familles, mais n’est pas une fatalité.
Blessure transgénérationnelle : ce que l’on sait
Deuil non fait
Deuil qui semble arrêté : la perte reste impossible à dire ou à intégrer. Lorsqu’une souffrance intense persiste longtemps après un décès, les classifications médicales parlent aujourd’hui de « trouble du deuil prolongé ».
Les places dans la famille
Enfant de remplacement
Enfant conçu ou élevé après la mort d’un autre enfant, et sur lequel les parents projettent, sans le vouloir, l’image de celui qu’ils ont perdu. La notion a été décrite dans les années 1960 par Albert et Barbara Cain.
L’enfant de remplacement : l’exemple de Vincent Van Gogh
Syndrome du gisant
Concept proposé par le médecin Salomon Sellam : une personne serait inconsciemment amenée à « représenter » un proche mort de façon jugée injuste ou trop précoce. Il prolonge la notion d’enfant de remplacement, mais n’a pas été validé scientifiquement.
Syndrome du gisant : origine et limites
Enfant pansement et parentification
On parle d’enfant pansement lorsqu’un enfant se sent chargé d’apaiser une souffrance familiale. La parentification, décrite par Böszörményi-Nagy, désigne la situation d’un enfant qui prend soin de ses parents ou de sa famille au-delà de ce que son âge devrait lui demander.
Les « enfants pansement » : le témoignage de Jean-Luc Lemoine
Patient désigné et mouton noir
En thérapie familiale, le patient désigné est le membre de la famille sur lequel se concentrent les difficultés de tout le groupe. Dans le langage courant, on parle de « mouton noir ».
Mouton noir de la famille : comprendre ce rôle
Double contrainte
Notion décrite par le chercheur Gregory Bateson : un message contradictoire qui rend toute réponse impossible, comme « sois spontané » ou « réussis, mais pas plus que nous ».
Névrose de classe
Notion proposée par le sociologue Vincent de Gaulejac : le malaise et les conflits intérieurs que peut vivre une personne qui change de milieu social par rapport à sa famille d’origine.
Les notions issues de la psychanalyse
Inconscient
Chez Freud, ensemble des pensées, désirs et souvenirs qui échappent à la conscience mais influencent nos émotions et nos comportements. La psychogénéalogie s’intéresse à ce que chacun peut porter, sans le savoir, de l’histoire de sa famille.
Acte manqué
Oubli, lapsus ou erreur qui, selon Freud, exprime un désir ou un conflit inconscient. Tous les oublis ne sont pas des actes manqués : il faut se garder de sur-interpréter.
Introjection
Terme introduit par le psychanalyste Sándor Ferenczi : le processus par lequel une personne fait siens des éléments venus de l’extérieur, notamment de ses parents (valeurs, interdits, façons d’être). Abraham et Torok l’opposent à l’« incorporation », lorsqu’un vécu est enfoui sans pouvoir être élaboré.
Complexe d’Œdipe
Chez Freud, ensemble des désirs amoureux et hostiles que l’enfant éprouve envers ses parents, et dont la résolution participe à sa construction. La psychogénéalogie s’intéresse aussi à la façon dont ces liens se sont noués dans les générations précédentes.
Les notions à manier avec prudence
Épigénétique
Branche de la biologie qui étudie les modifications de l’activité des gènes sans changement de l’ADN. Certaines recherches, surtout chez l’animal, suggèrent qu’un stress intense pourrait influencer les générations suivantes. Elles ne prouvent pas la transmission de souvenirs ou de schémas familiaux, et ne constituent pas une validation de la psychogénéalogie.
Psychogénéalogie et sciences : ce que disent les recherches
Inconscient collectif
Notion du psychiatre Carl Gustav Jung, qui désigne des images et des motifs universels (les archétypes) partagés par l’humanité. Elle ne concerne pas la mémoire d’une famille en particulier, et ne doit pas être confondue avec la transmission transgénérationnelle.
Mémoire cellulaire
Expression souvent utilisée pour affirmer que nos cellules garderaient la trace des émotions ou des traumatismes de nos ancêtres. Elle ne correspond à aucune réalité scientifique établie.
Les dérives de la psychogénéalogie à connaître
Explorer votre histoire familiale
Si ces notions font écho à votre histoire, l’appel découverte, offert et par téléphone, permet de faire connaissance et de voir si un accompagnement en psychogénéalogie vous correspond.



